Grand Étang, avant les nuages

Grand Étang, avant les nuages

L’essentiel

Depuis le bungalow
20 minutes de route
Commune
Saint-Benoît, vallée de la rivière des Marsouins
Boucle du lac
environ 2 h, dénivelé faible
Avec la cascade Biberon
compter 4 h en tout
Difficulté
facile, mais boueux en toute saison
Meilleur moment
avant 9 h — les nuages remontent ensuite

C’est la sortie qu’on conseille en premier, et c’est aussi celle qu’on refait le plus souvent. Grand Étang est le plus grand lac naturel de La Réunion, posé au fond d’une vallée fermée par des remparts de plusieurs centaines de mètres. Il est à vingt minutes du bungalow, la marche est facile, et le paysage n’a rien à voir avec ce qu’on imagine d’une île tropicale : de l’herbe rase, de l’eau sombre, des parois verticales et du silence.

La seule vraie contrainte est l’heure. Le cirque se remplit de nuages en milieu de matinée, et ce qui était un lac cerné de remparts devient une nappe grise sans profondeur. Partir tôt n’est pas une coquetterie de photographe : c’est la différence entre voir le lieu et le traverser.

Comment y accéder

On prend la RN3 en direction de La Plaine-des-Palmistes. Quelques kilomètres après Saint-Benoît, une route signalée descend sur la droite vers un parking au bord de la rivière des Marsouins. La route se termine là ; le sentier part du parking. Le tronçon final est étroit et se croise mal, mieux vaut ne pas y être à l’heure où tout le monde arrive.

Il n’y a ni billetterie, ni horaires, ni barrière. C’est un site libre d’accès, ce qui veut aussi dire qu’il n’y a personne pour vous renseigner sur place : renseignez-vous avant de partir.

La boucle, et la cascade au fond

Le tour du lac demande environ deux heures. Le dénivelé est négligeable, mais le sentier est boueux à peu près toute l’année — on est du côté au vent de l’île, il y pleut souvent la nuit même quand la journée est belle. Des chaussures qu’on accepte de salir suffisent ; des baskets blanches, non.

Au fond de la vallée, un sentier prolonge la boucle jusqu’à la cascade Biberon, un long filet d’eau qui tombe du rempart. Comptez une heure et demie de plus aller-retour depuis le lac. C’est la partie la plus belle et la moins fréquentée, mais elle traverse plusieurs bras de rivière : à éviter après de fortes pluies, quand le niveau monte vite.

Ce qu’il faut savoir avant de partir

  • Le niveau du lac varie énormément. Après une saison humide il est plein ; en période sèche il peut se réduire à quelques flaques dans une prairie. Les deux visages valent le déplacement, mais ne soyez pas surpris.
  • On ne se baigne pas à Grand Étang : fond vaseux, eau froide, et site naturel protégé.
  • Emportez de l’eau. Il n’y a rien sur place, ni buvette ni point d’eau.
  • Le réseau mobile passe mal au fond de la vallée.
  • Après un épisode de fortes pluies, vérifiez l’état du sentier auprès de l’Office national des forêts avant de vous engager.

Ce qu’on voit, si on regarde

Le papangue, seul rapace endémique de l’île, tourne souvent au-dessus des remparts en fin de matinée — un oiseau brun et blanc qui plane sans battre des ailes. Dans les fourrés du bord du sentier, le tec-tec, minuscule et curieux, s’approche à moins de deux mètres si on reste immobile. Ce sont deux espèces qu’on ne voit nulle part ailleurs au monde.

Si vous voulez prolonger

Grand Étang se déverse vers la rivière des Marsouins, et c’est la même vallée qu’on domine depuis le belvédère de Takamaka, un quart d’heure plus loin en voiture. On y arrive par une route qui monte au-dessus de Saint-Benoît et s’arrête net sur un cirque de cascades. Il n’y a rien à marcher : on se gare, on fait vingt pas, et la vallée s’ouvre. C’est le complément naturel de la matinée, et les deux tiennent facilement dans la même sortie.

Le belvédère de Takamaka, sur la même vallée de la rivière des Marsouins.
Le belvédère de Takamaka, sur la même vallée de la rivière des Marsouins.

Comment on organise la journée

Départ du bungalow vers 6 h 30, on est au parking avant 7 h. La boucle simple ramène vers 9 h 30, la variante cascade vers 11 h. Dans les deux cas on redescend déjeuner sur la côte, et l’après-midi reste libre — c’est là qu’on enchaîne souvent sur les bassins de Bras-Panon, à un quart d’heure de la maison.

À quelle saison venir

Grand Étang se visite toute l’année, mais pas dans le même état. De janvier à mars, saison des pluies, le lac est plein et les cascades coulent fort — c’est le plus spectaculaire, et aussi le plus boueux, avec un risque réel de sentier coupé après un épisode cyclonique. De mai à octobre, l’hiver austral, le temps est plus stable, les matinées plus souvent dégagées, mais le lac peut se réduire fortement. Si vous n’avez qu’une seule matinée à y consacrer, septembre et octobre offrent le meilleur compromis entre eau visible et ciel dégagé.

Questions fréquentes

Combien de temps faut-il pour faire le tour de Grand Étang ?

La boucle autour du lac demande environ 2 heures, avec un dénivelé faible. En ajoutant l’aller-retour jusqu’à la cascade Biberon, comptez environ 4 heures au total.

La randonnée de Grand Étang est-elle difficile ?

Non. Le dénivelé est négligeable et le sentier est large sur la boucle. La seule difficulté réelle est la boue, présente à peu près toute l’année : prévoyez des chaussures que vous acceptez de salir. La variante vers la cascade Biberon traverse plusieurs bras de rivière et demande plus de vigilance.

Peut-on se baigner à Grand Étang ?

Non. Le fond est vaseux, l’eau froide, et le site est un espace naturel protégé. Pour la baignade en rivière, il faut se tourner vers les bassins de Bras-Panon, à 15 minutes du bungalow.

L’accès à Grand Étang est-il payant ?

Non. Le site est en accès libre, sans billetterie ni horaires d’ouverture. Le parking au départ du sentier est gratuit, mais il est de taille limitée et se remplit en fin de matinée.

Faut-il une voiture pour aller à Grand Étang ?

Oui, en pratique. Le départ du sentier se trouve au bout d’une route secondaire qui quitte la RN3, et aucune ligne de transport en commun ne dessert le parking.

À quelle heure faut-il arriver ?

Avant 9 heures. La vallée est fermée par des remparts et se remplit de nuages en milieu de matinée : arrivé trop tard, on marche dans le gris sans voir le lac ni les parois.

Écrit à Saint-Benoît, où nous louons le bungalow, et mis à jour le 7 septembre 2026. Les règles d’accès et de baignade évoluent : nous renvoyons toujours à l’autorité compétente plutôt que de faire foi à sa place.