La Route des Laves, là où l’île se fabrique

L’essentiel
- Depuis le bungalow
- 45 minutes jusqu’à l’entrée nord
- Itinéraire
- RN2, de Sainte-Rose à Saint-Philippe
- Longueur
- environ 32 km
- Accès
- libre — c’est une route nationale
- Durée
- compter 2 à 3 h avec les arrêts
- Meilleur moment
- tôt le matin ou en fin de journée, pour la lumière rasante
C’est la sortie qui surprend le plus les gens qui arrivent. On roule sur une route nationale ordinaire, entre forêt et océan, et d’un coup la végétation s’arrête. À la place, un champ de basalte noir qui descend de la montagne jusqu’à la mer, sur plusieurs kilomètres de large.
Le Grand Brûlé est la partie basse de l’Enclos Fouqué, la caldeira du Piton de la Fournaise. C’est là que les coulées descendent quand le volcan déborde, et c’est là que l’île continue de s’agrandir.
L’itinéraire
La Route des Laves n’est pas une route à part : c’est la section de RN2 entre Sainte-Rose et Saint-Philippe, longue d’environ trente-deux kilomètres. Depuis le bungalow, on rejoint l’entrée nord en quarante-cinq minutes par la côte, en passant par l’Anse des Cascades.
On peut la parcourir d’une traite en quarante minutes, ou y passer trois heures. La deuxième option est la bonne : les coulées ne se distinguent qu’en s’arrêtant, et plusieurs aires permettent de se garer en sécurité au bord des champs de lave.

Lire les coulées
Chaque coulée porte une date, et on apprend vite à les distinguer. Les plus récentes sont d’un noir mat, nues, sans une plante. Les plus anciennes se couvrent progressivement de lichens, puis de fougères, puis d’arbustes. En roulant, on traverse plusieurs décennies d’éruptions à la suite.
L’épisode de référence est celui d’avril 2007, appelé sur place l’éruption du siècle. La coulée a recouvert la route sur plusieurs centaines de mètres, atteignant par endroits plus de soixante mètres d’épaisseur. Il a fallu sept mois d’études et de travaux pour rouvrir la RN2 par-dessus.
- Ne marchez pas loin de la route sur les coulées : la croûte peut être creuse, et les tunnels de lave s’effondrent.
- Il n’y a ni ombre, ni eau, ni commerce sur les trente-deux kilomètres. On part avec de l’eau.
- Le téléphone passe mal par endroits.
- Après une pluie, le basalte devient glissant.
L’église épargnée
Avant d’entrer dans le Grand Brûlé, à Piton Sainte-Rose, l’église Notre-Dame des Laves mérite un arrêt de dix minutes. En 1977, une coulée a traversé le village et s’est arrêtée devant sa porte, contournant le bâtiment sans y entrer. Le basalte est resté en place : on voit exactement où il s’est figé.
Quelle que soit la lecture qu’on en fait, l’image est saisissante, et elle raconte mieux que n’importe quel panneau ce que vivre sous un volcan actif veut dire. La journée complète est décrite dans notre itinéraire d’une semaine.
Quand y aller
Tôt le matin ou en fin d’après-midi. En plein midi, le soleil écrase le relief et le champ de lave devient une étendue grise sans profondeur. En lumière rasante, les plis, les cordes et les crevasses du basalte ressortent, et on comprend que cette masse a coulé.
C’est aussi une question de confort : il n’y a aucune ombre, et le basalte noir renvoie la chaleur. À quatorze heures en été austral, un arrêt de dix minutes suffit à le rappeler.
Questions fréquentes
Où commence et où finit la Route des Laves ?
C’est la section de la RN2 entre Sainte-Rose, à l’est, et Saint-Philippe, au sud, sur environ 32 km. Elle traverse le Grand Brûlé, la partie basse de l’enclos du Piton de la Fournaise.
Faut-il un véhicule particulier ?
Non. C’est une route nationale goudronnée, praticable avec n’importe quel véhicule. Aucun 4×4 n’est nécessaire.
Combien de temps prévoir pour la Route des Laves ?
Quarante minutes sans s’arrêter, 2 à 3 heures en prenant le temps des aires d’arrêt. La deuxième option est la bonne : les coulées ne se lisent qu’en descendant de voiture.
Peut-on marcher sur les coulées de lave ?
Au bord de la route et des aires aménagées, oui. Plus loin, c’est déconseillé : la croûte peut être creuse au-dessus d’anciens tunnels de lave, qui s’effondrent.
Quelle est la coulée la plus impressionnante ?
Celle d’avril 2007, l’« éruption du siècle », qui a recouvert la route sur plusieurs centaines de mètres et jusqu’à plus de 60 m d’épaisseur. La RN2 a rouvert sept mois plus tard, par-dessus.
Écrit à Saint-Benoît, où nous louons le bungalow, et mis à jour le 12 septembre 2026. Les règles d’accès et de baignade évoluent : nous renvoyons toujours à l’autorité compétente plutôt que de faire foi à sa place.
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