Le volcan, départ à quatre heures

Le volcan, départ à quatre heures

L’essentiel

Depuis le bungalow
1 h 50 de route
Départ conseillé
4 h du matin
Pas de Bellecombe
2 311 m d’altitude
Marche jusqu’au Dolomieu
environ 5 h aller-retour
Difficulté
soutenue — longueur, altitude, aucun ombrage
À vérifier la veille
l’état d’alerte en préfecture

C’est la seule sortie de ce carnet pour laquelle on met un réveil à trois heures et demie. Elle le vaut. Le Piton de la Fournaise est l’un des volcans les plus actifs du monde, et l’un des rares où l’on peut marcher, en sécurité et sans guide, au fond de l’enclos où la lave coule.

Il est à une heure cinquante du bungalow. Ce n’est pas rien, et c’est de loin le point le plus éloigné qu’on recommande — mais c’est aussi le seul endroit de l’île où l’on se retrouve sur un paysage qui ne ressemble à rien de terrestre.

Pourquoi partir à quatre heures

Trois raisons, et elles se cumulent. D’abord les nuages : à partir de neuf ou dix heures, la mer de nuages remonte et noie l’enclos. On peut faire toute la marche sans rien voir. Ensuite le stationnement : le parking du Pas de Bellecombe est limité et il se remplit tôt en saison. Enfin la chaleur — il n’y a pas un mètre d’ombre sur tout le parcours.

Partir à quatre heures du bungalow, c’est arriver au belvédère vers six heures, au lever du jour. C’est le moment où l’enclos est dégagé et où la lumière rase donne du relief aux coulées.

La route, qui est déjà le spectacle

On monte par La Plaine-des-Palmistes puis La Plaine-des-Cafres, avant de prendre la route forestière du Volcan. La dernière partie traverse la Plaine des Sables : une étendue ocre, sans végétation, que la route franchit en descendant un rempart. Beaucoup de gens s’arrêtent là et repartent sans aller plus loin — ce serait dommage, mais on comprend pourquoi.

La route est étroite, non éclairée, et fréquentée par des voitures qui montent vite. Roulez prudemment : à cette heure-là il peut y avoir du brouillard sur les Plaines.

Les coulées descendent jusqu’à la mer, sur la route des Laves — l’autre visage du volcan.
Les coulées descendent jusqu’à la mer, sur la route des Laves — l’autre visage du volcan.

La marche, du belvédère au cratère

Le Pas de Bellecombe est le belvédère qui domine l’enclos Fouqué, à 2 311 mètres. De là, un escalier descend d’environ cent cinquante mètres jusqu’au fond de l’enclos. Le sentier traverse ensuite un champ de lave balisé par des points de peinture blanche : il n’y a pas de chemin tracé au sol, on va d’un repère au suivant. Ne les quittez pas, la lave est coupante et le brouillard peut tomber en quelques minutes.

On passe au pied du Formica Leo, un petit cône de scories parfaitement conique, puis on monte progressivement jusqu’au bord du cratère Dolomieu. Comptez environ cinq heures aller-retour pour l’ensemble. C’est long et régulier plutôt que raide, mais l’altitude et l’absence d’ombre se paient.

Ce qui peut annuler la sortie

L’accès à l’enclos est fermé pendant les éruptions et lors des phases d’alerte. La décision appartient à la préfecture de La Réunion et peut tomber la veille. Vérifiez systématiquement l’état d’alerte avant de partir — c’est le seul point non négociable de cette journée. Le portail en haut de l’escalier est physiquement fermé quand l’accès est interdit.

Une éruption n’est pas une mauvaise nouvelle pour autant : quand elle est visible depuis les points de vue autorisés, le spectacle de nuit est extraordinaire. C’est simplement une autre sortie, avec d’autres règles.

Ce qu’il faut emporter

  • De quoi avoir chaud. Il peut faire 5 °C au lever du jour à 2 300 m alors qu’il en fait 28 sur la côte. Une polaire et un coupe-vent, même en été austral.
  • Deux litres d’eau par personne. Il n’y a aucun point d’eau dans l’enclos.
  • De la crème solaire et un chapeau : à cette altitude le rayonnement est violent, y compris par temps couvert.
  • Des chaussures montantes. La lave use les semelles et tord les chevilles.
  • Une lampe frontale si vous partez avant le jour.
  • De quoi manger : il n’y a rien entre Bourg-Murat et le belvédère.

Si vous ne voulez pas marcher cinq heures

Le belvédère du Pas de Bellecombe se mérite en voiture seulement. On peut donc monter, regarder l’enclos depuis le rebord, redescendre l’escalier jusqu’au Formica Leo — une heure aller-retour — et repartir. C’est déjà une vraie sortie, et elle convient à qui voyage avec des enfants ou n’est pas équipé pour la journée entière.

Dans tous les cas, prévoyez de redescendre déjeuner. Le retour vers Saint-Benoît prend deux heures, et on arrive au bungalow avec l’après-midi devant soi — juste assez pour ne rien faire, ce qui après cette journée-là est exactement le programme. Le lendemain, quelque chose de plus doux s’impose : les bassins de Bras-Panon sont à un quart d’heure.

À quelle saison venir

L’hiver austral, de mai à octobre, offre les matinées les plus dégagées et donc les meilleures chances de voir l’enclos. C’est aussi la période la plus froide : le gel est possible avant le lever du jour à 2 300 mètres. De décembre à mars, les nuages montent plus tôt et les épisodes de fortes pluies ferment régulièrement la route forestière. Quelle que soit la saison, la seule information qui décide est l’état d’alerte du volcan : une éruption ferme l’enclos du jour au lendemain, en plein été comme en plein hiver.

Questions fréquentes

Combien de temps dure la randonnée du Piton de la Fournaise ?

Environ 5 heures aller-retour depuis le Pas de Bellecombe jusqu’au bord du cratère Dolomieu. Le parcours est long et régulier plutôt que raide, mais il se fait sans ombre et en altitude.

À quelle heure faut-il partir pour le volcan ?

Depuis Saint-Benoît, partez vers 4 heures du matin pour arriver au Pas de Bellecombe au lever du jour, vers 6 heures. Trois raisons : les nuages remontent et noient l’enclos vers 9 ou 10 heures, le parking se remplit tôt, et il n’y a aucune ombre sur le parcours.

Le volcan est-il accessible pendant une éruption ?

Non. L’accès à l’enclos Fouqué est fermé pendant les éruptions et lors des phases d’alerte, sur décision de la préfecture de La Réunion. Le portail en haut de l’escalier est physiquement fermé. Vérifiez toujours l’état d’alerte la veille.

Faut-il un guide pour monter au Piton de la Fournaise ?

Non. Le sentier est balisé par des points de peinture blanche sur la lave et se suit sans difficulté d’orientation par temps clair. En revanche, ne quittez jamais le balisage : la lave est coupante et le brouillard peut tomber en quelques minutes.

Quelle température fait-il au volcan ?

Il peut faire 5 °C au lever du jour à 2 300 mètres alors qu’il en fait 28 sur la côte. Une polaire et un coupe-vent sont indispensables, même en été austral.

Peut-on y aller avec des enfants ?

La randonnée complète jusqu’au Dolomieu est trop longue pour de jeunes enfants. Mais on peut se garer au Pas de Bellecombe, regarder l’enclos depuis le belvédère et descendre l’escalier jusqu’au Formica Leo : environ une heure aller-retour, et c’est déjà une vraie sortie.

Le Piton de la Fournaise est-il loin de Saint-Benoît ?

Environ 1 h 50 de route, par La Plaine-des-Palmistes et La Plaine-des-Cafres, puis la route forestière du Volcan. C’est le point le plus éloigné que nous recommandons depuis le bungalow.

Écrit à Saint-Benoît, où nous louons le bungalow, et mis à jour le 7 septembre 2026. Les règles d’accès et de baignade évoluent : nous renvoyons toujours à l’autorité compétente plutôt que de faire foi à sa place.